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Lapithes et Centaures (III) - Fin des récits de Nestor - Mort d’Achille (12, 459-628)

 

 

Fin du combat des Lapithes et des Centaures : mort ou métamorphose de Cénée (12, 459-535)

Nestor revient enfin à l’invulnérable Cénée et nous apprend que le héros abat successivement cinq Centaures, mais se fait insulter par Latrée qui refuse de le considérer comme un homme véritable. Toutefois, le trait que lance Latrée s’émousse sans le pénétrer. Un combat épique s’engage, dont Cénée sort indemme et triomphant. Les Centaures furieux reprennent sans succès le combat contre Cénée. (12, 459-497)

L’un d’eux, Monychus, ne supportant pas cette domination des Centaures par un seul homme, né femme de surcroît, engage ses frères, puisque les traits n’atteignent pas l’invulnérable Cénée, à l’écraser sous un amas de rochers et de troncs d’arbres. En dépit d’une résistance surhumaine, Cénée meurt étouffé, à moins que, aux dires du devin Mopsus, il n’ait été métamorphosé en oiseau. Après cette lutte épique, les Lapithes firent de Cénée leur héros, et avec leurs alliés, dont Nestor, ils tuèrent les Centaures ou les forcèrent à fuir, mettant ainsi un terme à ce combat épique. (12, 498-535)

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Cénée en avait envoyé cinq à la mort : Styphélus et Bromus,

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Antimachus et Élymus, ainsi que Pyractès, porteur d’une hache.

J’ai oublié les coups, mais ai retenu les noms et le nombre des victimes.

Armé des dépouilles d’Halésus d’Émathie, qu’il venait de tuer,

Latrée, avec ses membres et son corps de géant, prend son élan.

Il était d’âge moyen, entre la jeunesse et la vieillesse,

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il avait la force d’un jeune homme, ses tempes grisonnaient.

Avec son bouclier, son casque et sa sarisse macédonienne,

il attirait les regards ; tourné vers les deux rangs de combattants,

il secoua ses armes, galopa en formant un cercle précis,

et dans sa fougue lança dans l’espace ce flot de paroles :

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“ Et toi, Caenis, vais-je te supporter ? Car pour moi, toujours

tu seras une femme, tu seras Caenis. Ton origine, ta naissance

ne te viennent-elles pas à l’esprit, te rappelant pour quel acte,

et à quel prix tu as pu obtenir cette faveur, ce faux aspect viril ?

Vois ce que tu étais en naissant ou ce que tu as subi. Allons,

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prends une quenouille, des corbeilles, et que ton pouce torde les fils.

Laisse la guerre aux hommes. ” Tandis que Latrée plastronnait ainsi,

Cénée lui lança un épieu qui lui déchira le flanc tendu par la course,

à la jointure où l’homme devient cheval. Rendu furieux par la douleur,

le Centaure frappe de sa sarisse le visage nu du jeune homme de Phyllos.

480

L’arme rebondit comme la grêle du sommet d’un toit,

ou comme un petit caillou agité au creux d’un tambourin.

Latrée attaque de près et fait des efforts pour enfoncer son épée

dans le flanc trop dur de Cénée ; elle ne peut pénétrer en aucun point.

“ Mais, tu ne m’échapperas pas ! Je t’égorgerai avec le plat de mon arme,

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puisque la pointe en est émoussée ”, dit-il, et il dirige vers son flanc

le tranchant de sa lance et, de son long bras, lui entoure le ventre.

Sous le coup, le corps gémit comme un marbre que l’on frappe ;

la lame se brise et vole en éclats en percutant la peau épaisse.

Quand le Centaure étonné eut assez vu ses membres intacts, Cénée dit :

490

“ Voyons maintenant l’effet qu’aura mon arme sur ton corps ! ”.

Et il lui enfonça dans les flancs, jusqu’à la garde,

son épée meurtrière, la déplaça à l’aveugle dans ses entrailles,

et, retournant sa main, il fit dans la plaie une autre plaie.

Voilà que les Centaures furieux se précipitent en poussant des cris.

495

Tous sont armés de traits qu’ils envoient sur le seul Cénée.

Ces traits tombent sans s’enfoncer, et Cénée, le fils d’Élatée,

reste indemne de toute atteinte, sans perdre de sang.


Ce prodige les avait stupéfaits. “ Hélas, quel immense déshonneur ! ”

s’exclama Monychus. “ Un homme à lui seul domine tout notre peuple,

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lui qui est à peine un homme. Et pourtant, l’homme c’est lui ;

notre mollesse fait de nous ce qu’il fut. À quoi nous servent

nos membres de géants ? À quoi servent des forces redoublées

et pourquoi la nature réunit-elle en nous les deux êtres

les plus forts de l’univers ? Non, à mon avis, nous ne sommes pas nés

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d’une déesse, ni d’Ixion, grand au point d’espérer s’unir à l’altière Junon ;

nous, l’ennemi qui nous domine n’est un homme qu’à demi !

Faites rouler sur lui rochers, troncs d’arbres, monts entiers,

lancez sur lui des forêts, et ôtez le souffle qui le maintient en vie ;

qu’une forêt lui écrase la gorge et ce poids sera sa blessure ”.

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Il dit, et ayant saisi un tronc que les forces aveugles de l’Auster

venaient de déraciner, il le lança contre son puissant ennemi.

Son exemple fut suivi et, en très peu de temps, on dépouilla

l’Othrys de ses arbres et on priva le Pélion de ses ombrages.

Cénée, enseveli sous le poids énorme de ce monceau d’arbres,

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s’agite et supporte le bois qui s’entasse sur ses fortes épaules.

Mais lorsque le poids sur sa face et sur sa tête s’alourdit,

lorsque son souffle ne trouve plus d’air à aspirer,

il défaille parfois ; tantôt, il s’efforce, en vain, de se soulever

pour respirer et faire rouler au loin les forêts qui l’écrasent ;

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parfois aussi, il parvient à les ébranler, comme si tout à coup

un tremblement de terre secouait l’abrupt Ida, que nous voyons d’ici.

La fin de Cénée reste incertaine ; selon certains, son corps,

enfoui sous cette masse d’arbres, fut précipité dans le vide du Tartare.

Le fils d’Ampyx n’est pas de cet avis, car de l’amas de branches,

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il a vu s’envoler dans l’air limpide un oiseau au plumage fauve,

oiseau qu’alors je vis moi aussi, pour la première et la dernière fois.

Dès qu’il le vit voler doucement, planant autour du camp des siens,

lançant des cris puissants dans les alentours, Mopsus

le suivit tout autant par les yeux que par la pensée et dit :

530

“ Salut à toi, ô gloire de la nation des Lapithes, Cénée,

naguère très grand héros, mais maintenant oiseau unique ! ”

Son témoignage accrédita cette histoire ; la colère s’ajouta à notre peine :

nous souffrions de voir un héros isolé écrasé par tant d’ennemis.

Et nous n’avons cessé de manifester notre douleur par l’épée

535

avant d’avoir exterminé les uns, et vu les autres fuir dans la nuit. »

 

Fin des récits de Nestor : Hercule et les frères de Nestor. Métamorphose de Périclimène (12, 536-579)

Tlépolème, fils d’Hercule, reproche à Nestor de n’avoir à aucun moment fait mention des exploits de son glorieux père, Hercule. Le vieillard va en expliquer la raison. (12, 536-544)

Hercule en effet avait dévasté plusieurs villes, dont Pylos, où régnait Nélée, le père de Nestor. Il avait surtout causé la mort des onze frères de Nestor, et plus spécialement celle de Périclymène, qui tenait de Neptune, l’ancêtre de leur race, le don de se métamorphoser. Ayant pris la forme d’un aigle, Périclymène fut cependant abattu par une flèche d’Hercule. C’est donc pour Nestor une manière de vengeance d’omettre de célébrer Hercule, son ennemi, ce qui ne l’empêche pas d’assurer Tlépolème de son amitié. (12, 545-576)

À la fin des récits, les convives d’Achille se remirent à boire, puis allèrent se coucher. (12, 577-579)

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Pendant le récit de ces combats entre Lapithes et Centaures,

ces êtres semi-humains, Tlépolème ne resta pas bouche close,

Il ne supportait pas le silence du héros de Pylos sur l’Alcide,

et il déclara : « Tu as oublié de faire l’éloge d’Hercule,

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ô vieillard, et je m’en étonne ; car souvent, c’est la vérité,

mon père m’a dit qu’il avait dompté les fils nés de la nuée. »

Le roi de Pylos lui rétorqua tristement : « Pourquoi me forces-tu

à rappeler mes malheurs, à raviver des plaies cicatrisées par les ans,

à proclamer ma haine pour ton père et pour ses offenses ?


545

[O dieux, ce héros a certes accompli des exploits passant l’entendement,

et le monde est plein de ses mérites, ce que je préférerais pouvoir nier.

Mais nous ne faisons l’éloge ni de Déiphobe, ni de Polydamas,

ni même d’Hector. Qui en effet ferait l’éloge d’un ennemi ?

Ton illustre père détruisit jadis les murailles de Messène

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et dévasta les cités d’Élis et de Pylos, qui ne méritaient pas ce sort.

Il introduisit aussi le fer et le feu dans ma propre demeure.

Sans vouloir parler des autres victimes qu’il fit périr,

nous étions douze, les fils de Nélée, des jeunes gens en vue ;

tous tombèrent sous les coups d’Hercule, moi seul excepté.

555

Que tous les autres aient pu être vaincus, il faut l’accepter, le supporter

mais surprenante est la mort de Périclymène, qui avait la faculté

de revêtir les figures qu’il voulait, puis de les quitter, une fois prises,

grâce au don que lui avait accordé Neptune, l’ancêtre de Nélée.

Après s’être en vain métamorphosé en toutes sortes de formes,

560

il revêt l’aspect de l’oiseau qui dans ses serres crochues

a l’habitude de porter la foudre, et qui est si cher au roi des dieux.

Usant des forces de l’aigle, de ses ailes, de son bec crochu,

de ses griffes recourbées, il avait lacéré le visage du héros.

Alors le Tirynthien dirige vers lui son arc qui n’est que trop sûr

565

et, tandis que l’aigle s’élève dans les nuages en planant,

il le frappe à l’endroit de la jointure de l’aile et du flanc.

La blessure n’était pas profonde, mais le coup brisa les tendons

qui faiblirent, le privant de mouvement et de forces pour voler.

Il tomba sur le sol, ses ailes affaiblies n’avaient plus prise sur l’air

570

et la flèche, qui s’était légèrement enfoncée dans l’aile,

pressée par le poids du corps qui avait été perforé,

lui traversa tout le flanc et ressortit à gauche de son cou.

Selon toi, dois-je maintenant chanter les exploits

de ton Hercule, très brillant capitaine de la flotte de Rhodes ?

575

Et cependant, pour venger mes frères, je ne fais rien de plus

que taire ses hauts faits ; sois sûr de ma sympathie pour toi. »


Le fils de Nélée avait raconté tous ces souvenirs d’une voix douce,

et après l’exposé du vieillard, tous en revinrent aux dons de Bacchus

et quittèrent les lits de table. Le reste de la nuit fut consacré au sommeil.

 

La mort d’Achille (12, 580-628)

Neptune, dix ans après la mort de son fils Cygnus, est toujours plein de rancœur envers Achille. Il demande à Apollon, au nom de leur ancienne collaboration lors de la construction des murs de Troie, de faire périr Achille. Apollon se dirige aussitôt sur le champ de bataille et conseille à Pâris de s’en prendre à Achille plutôt qu’à des soldats ordinaires et, ce disant, il dirige le trait de Pâris, qui tuera Achille. (12, 580-606)

Après quelques considérations sur le néant de la mort compensé par la gloire universelle acquise par Achille, Ovide annonce l’épisode qui fera l’objet du début du livre 13, celui de l’héritage des armes d’Achille, revendiquées par Ulysse et Ajax. (12, 607-628)

580

Cependant le dieu au trident, qui régente les ondes marines,

souffre en son cœur de père à la pensée que son fils a été mué

en l’oiseau de Phaéton. Plein de haine pour le féroce Achille,

il entretient en lui une colère tenace, au-delà des limites convenables.

La guerre s’était déjà prolongée durant près de dix ans,

585

quand Neptune interpelle ainsi le dieu chevelu de Sminthe :

« Ô toi, de loin le plus cher pour moi des enfants de mon frère,

toi qui avec moi as construit les inutiles murailles de Troie,

quand tu contemples cette citadelle bien près de tomber,

ne pleures-tu pas ? Ne déplores-tu pas tant de milliers d’hommes

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massacrés à défendre ces remparts ? Pour ne pas les citer tous,

l’ombre d’Hector, traîné autour de sa Pergame, ne te hante-t-elle pas ?

Mais entre-temps, Achille, ce farouche héros, est toujours en vie,

lui qui, plus ensanglanté que la guerre même, ruine notre œuvre.

Qu’il se présente à moi ; je lui ferai sentir la force de mon trident.

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Mais, puisque l’occasion d’affronter l’ennemi de près ne s’offre pas,

fais-le périr, sans qu’il s’y attende, avec une flèche invisible ! »

Le dieu de Délos, partageant les sentiments de son oncle,

acquiesça volontiers, et, caché par un nuage, gagna les rangs

de l’armée d’Ilion. Parmi les guerriers qui se massacrent, il aperçoit

600

Pâris lançant de temps à autre des traits sur les Achéens inconnus.

Il lui révèle sa qualité de dieu et dit : « Pourquoi perdre tes flèches

à verser du sang du commun ? Si tu as quelque souci des tiens,

tourne-toi vers l’Éacide et venge le meurtre de tes frères ! ».

Sur ce, il lui montra le fils de Pélée abattant des Troyens

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à coups d’épée, tourna l’arc de Pâris et d’une main meurtrière

dirigea vers lui les flèches sûres d’atteindre leur cible.


Le vieux Priam, après la mort d’Hector, eût pu se réjouir de cette mort.

En effet, illustre Achille, toi, le vainqueur de si grands guerriers,

tu es vaincu par le lâche ravisseur d’une épouse grecque.

610

Et pourtant, s’il fallait que tu tombes au combat victime d’une femme,

tu aurais préféré la hache à double tranchant du Thermodon.

Maintenant ce héros, terreur des Phrygiens, honneur et rempart

du nom des Pélasges, ce fils d’Éaque, cette tête invincible à la guerre,

avait brûlé sur le bûcher : le même dieu qui l’avait armé le consumait aussi.

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Désormais, il n’est plus que cendre, et de cet Achille si grand

il reste je ne sais quoi d’insuffisant à emplir une petite urne ;

mais sa gloire est vivante, qui emplit l’univers entier.

C’est bien la mesure qui correspond à cet illustre héros, et en cela

le fils de Pélée est égal à lui-même et insensible au vide du Tartare.

620

Et, pour que l’on puisse savoir à qui échurent les armes d’Achille,

son bouclier est source de guerre et pour des armes on prend les armes.

Le fils de Tydée n’ose pas les exiger, ni non plus Ajax, fils d’Oilée,

ni le cadet des Atrides, ni son frère, qui le devance en âge et au combat,

ni tous les autres ; seuls les fils de Télamon et de Laërte

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eurent assez d’assurance pour exiger un si grand honneur.

Le Tantalide écarta de lui cette charge, génératrice de rancune,

et ordonna aux généraux d’Argolide de prendre place

au centre du camp et il les chargea tous de trancher le litige.

 

Table des matières

 

Notes

Cénée (12, 459). Nestor avait, en 12, 168-209, commencé à raconter l’histoire du Lapithe Cénée, mais l’avait interrompue pour se lancer dans l’interminable récit du combat des Lapithes et des Centaures (12, 210-458). Il revient donc ici à Cénée, dont l’histoire servira de dénouement au combat. - De nouveau Ovide fait intervenir divers combattants, dont il emprunte sans doute les noms à des catalogues épiques. Nous nous bornerons à relever quelques noms parmi d’autres.

Émathie (12, 462). Synonyme de Macédoine. Voir n. à 5, 300-304, à 5, 313 et à 15, 824.

sarisse (12, 466). Pique particulière à l’infanterie macédonienne, d’une longueur de 5 à 6 mètres.

Caenis (12, 470). Voir 12, 189-209.

ce que tu as subi... (12, 474). Ton viol prouve que tu es bien une femme.

Phyllos (12, 79). Nom d’une ville de Thessalie, par ailleurs peu connue. Cénée est donc désigné ici comme un jeune Phyllien, c’est-à-dire Thessalien.

déesse... Ixion... Junon (12, 504-505). Ixion, père de Pirithoüs et roi des Lapithes, (voir 12, 210 et les notes). Le Centaure fait allusion au fait que Héra-Junon (et/ou Zeus-Jupiter), au moment où Ixion avait voulu abuser d’elle, avait interposé une nuée (Néphélé), et que de cette union entre Ixion et Néphélé seraient nés les fils des nuées (Nubigenae), en l’occurrence les Centaures.

Auster (12, 510). Vent du Sud, violent et pluvieux. Voir 1, 66 et la note à 1, 60 ; 7, 659-660.

Othrys... Pélion (12, 513). Deux montagnes de Thessalie. Voir 1, 151-155 ; 2, 22 ; 7, 224-225.

Ida (12, 521). Montagne de Phrygie (2, 218 ; 7, 359-360 ; 10, 71 ; 11, 762), à ne pas confondre avec l’Ida de Crète. Cette évocation de l’Ida par Nestor rappelle que les Grecs se trouvent devant Troie, dans la tente d’Achille (cfr 12, 146-188).

le fils d’Ampyx (12, 524). C’est le devin Mopsus, nommé au vers 528, et dont il a été question en 12, 456.

oiseau (12, 525). Le texte ne fournit aucune précision sur le type d’oiseau en question ici. C’est une des nombreuses métamorphoses ornithologiques mentionnées par Ovide.

Tlépolème. (12, 537). Tlépolème est un des fils d’Héraclès/Hercule et d’Astyoché. Après la mort d’Héraclès, il dut s’exiler et alla s’établir à Rhodes, où il fonda plusieurs villes. Il aurait été un prétendant d’Hélène et aurait participé à la guerre de Troie, en tant que chef des Rhodiens.

héros de Pylos (12, 538). Le héros de Pylos est Nestor (voir n. à 12, 169).

Alcide (12, 538). Comme c’est souvent le cas, Hercule est appelé Alcide, c’est-à-dire petit-fils d’Alcée.

fils de la nuée (12, 541). Voir note à 12, 210. Il existe une variante à la légende de la dispersion des Centaures, telle que la rapporte Ovide en 12, 534-535, après l’histoire de Cénée. Les Centaures auraient été affrontés à Héraclès, lors de sa chasse au sanglier d’Érymanthe. Voir notes à 9, 191 et 192.

Déiphobe (12, 547). Commence ici l’énumération de trois noms illustres appartenant au camp ennemi. Déiphobe (Iliade, 22, 226ss) est un des fils de Priam et d’Hécube, et le frère préféré d’Hector. Après la mort de Pâris, Déiphobe aurait obtenu la main d’Hélène, et aurait été mis à mort par Ménélas, lors de la prise de Troie.

Polydamas (12, 547). Polydamas (Iliade, 18, 249ss) était un Troyen, de l’entourage d’Hector, réputé de bon conseil, mais pas toujours écouté ; après la mort d’Hector, il avait conseillé de rendre Hélène plutôt que s’obstiner.

Hector (12, 548). Hector est évidemment le plus illustre des ennemis cités par Nestor.

Messène... Pylos... Élis (12, 549-550). Il s’agit de trois cités du Péloponnèse : Messène et Pylos sont en Messénie, et Élis est la capitale de l’Élide (des cartes sont signalées ailleurs au chant 6). L’expédition d’Hercule en Élide et en Messénie, à laquelle Nestor fait allusion ici, est racontée par Nestor (Iliade, 12, 670ss.). Ovide, dans le livre 9 consacré à Hercule évoque cet événement lié à l’épisode des Écuries d’Augias (voir n. à Mét., 9, 187).

Nélée (12, 543). Fils de Tyro et de Poséidon/Neptune, fondateur et roi de Pylos, Nélée eut douze fils. Il est lié au cycle d’Héraclès, qui dirigea contre lui une expédition, pour le punir d’avoir refusé de le purifier du meurtre d’Iphitos, expédition au cours de laquelle moururent tous ses fils, à l’exception de Nestor. Déjà cité en 2, 685 et 6, 418.

Périclymène (12, 556). La mention de ce Périclymène est l’occasion pour Ovide d’introduire une métamorphose. En effet, comme de nombreux dieux marins, ce fils de Nélée tenait de Neptune, son ancêtre, le don de se métamorphoser (Voir par exemple Apollodore, 1, 9, 9).

Tirynthien (12, 564). Hercule, qui était né à Tirynthe. Sur le personnage d’Hercule, voir la note de présentation générale au livre 9.

flotte de Rhodes (12, 574). Nestor a pour interlocuteur Tlépolème. Voir plus haut.

dieu au trident... oiseau de Phaéton... (12, 580-582). Les vers 12, 70-145 ont rapporté ce combat d’Achille et de Cygnus, fils de Neptune (voir n. à 12, 72).

La guerre... (12, 584-596). Après les récits qui occupent presque la totalité du livre 12 (vers 1-579) et qui se situent avant et au tout début de la guerre de Troie, l’action transporte le lecteur dix ans plus tard et évoque la mort d’Achille par Pâris. Ovide raconte ici la mort d’Achille, absente de l’Iliade, en suivant la version la plus traditionnelle, parmi de nombreuses variantes.

Sminthe...  (12, 585-587). Ville de Troade, où s’élevait un temple à Apollon, le dieu à la belle chevelure, le neveu préféré de Neptune (vers 586). C’est à Apollon que Neptune, au nom de leur collaboration à la construction des murs de Troie/Pergame pour le compte de Laomédon (n. à 11, 195), vient demander de faire périr Achille.

ombre d’Hector (12, 591). Allusion à Iliade, 22, 462-465, où Andromaque voit le cadavre d’Hector, tiré vers les nefs des Achéens, mais surtout à Iliade, 24, 14-21.

dieu de Délos (12, 598). Apollon est né à Délos : voir, par exemple, n. à 6, 159-160 ; n. à 6, 190 ; n. à 6, 333 ; 11, 174.

Pâris (12, 600-601). Le fils de Priam, le ravisseur d’Hélène, qui fut la cause de la guerre de Troie et qui passe généralement pour un lâche. Voir 12, 4-6.

Éacide (12, 603). Désigne ici, comme c’est souvent le cas, Achille, petit-fils d’Éaque, fils de Pélée.

Thermodon (12, 610-611). Rivière d’Asie Mineure, se jetant dans le Pont-Euxin (mer Noire). Elle traversait le pays des Amazones. Ces deux vers font allusion à Penthésilée, la reine des Amazones, qui avait, après la mort d’Hector, combattu aux côtés des Troyens. Elle avait été tuée en combat singulier par Achille, mais celui-ci, la voyant si belle même morte, s’éprit d’elle et regretta de l’avoir tuée.

le même dieu (12, 614). Héphaïstos/Vulcain, le dieu du feu, est aussi le dieu forgeron, qui, à la demande de Thétis, avait forgé de nouvelles armes pour Achille (voir Homère, Iliade, 18, 468-617). On sait qu’Achille avait confié ses armes à Patrocle, qui en fut dépouillé par Hector.

son bouclier aussi... (12, 620-628). Après le récit de la mort d’Achille, Ovide termine le livre 12 en annonçant le sujet qui occupera le début du livre 13, un passage que l’on pourrait appeler « Le Jugement des armes ». Il comprendra les plaidoyers respectifs d’Ajax et d’Ulysse, et se terminera par la mort d’Ajax (13, 1-398).

fils de Tydée... Ajax... Atrides... (12, 622-623). Suit l’évocation de quelques figures majeures de la guerre de Troie : Diomède, fils de Tydée ; Ajax, fils d’Oïlée, et les Atrides, à savoir Ménélas, le cadet, et Agamemnon, son aîné.

fils de Télamon et de Laërte (12, 624-625). C’est-à-dire le grand Ajax de Salamine, le fils de Télamon (cfr 13, 2), et Ulysse, fils de Laerte (cfr note à l’introduction de 13).

Tantalide (12, 626). Ce descendant de Tantale est le général en chef des Achéens, Agamemnon, fils d’Atrée, petit-fils de Pélops, arrière-petit-fils de Tantale.